Entraînement des fonctions exécutives : premiers pas vers l’autonomie.

Nous l’avons vu, entre 3 et 5 ans, le jeune être humain traverse une période de développement rapide de ses fonctions exécutives. Il veut alors tout faire par lui-même – mettre ses chaussures, se verser à boire, se laver les dents, s’habiller, boutonner sa chemise, etc. En effet, lorsqu’il fait seul, il exerce et développe ses fonctions exécutives : il garde en mémoire les différentes étapes et les organise pour atteindre un objectif ; il contrôle ses gestes ou les émotions inappropriées, et apprend à rester flexible, c’est à dire, à revoir sa stratégie en cas d’erreur.

Ces trois compétences sont fondamentales et souvent plus prédictives que le QI. Elles permettent à l’être humain de fonctionner, d’atteindre les objectifs qu’il se fixe. Et, bonne nouvelle, pour aider l’enfant à développer ces compétences-socles, il suffit de lui permettre de faire par lui-même, en restant à ses côtés puis en s’effaçant progressivement. Rien de plus. Le fonctionnement d’une classe maternelle doit par conséquent être basé sur l’autonomie des enfants et l’individualisation. Ce fut le cas dans la classe de Gennevilliers, tout l’environnement favorisait un accompagnement individualisé et l’autonomie progressive des enfants, et ce, toute la journée. Dès leur entrée dans la classe le matin, et jusqu’au soir, ils étaient invités à choisir eux-mêmes ce qu’ils voulaient faire et à le faire librement, autant qu’ils le souhaitaient, tout en respectant les règles – clairement explicitées – de vie collective.

Etre autonome au sein de ce cadre structuré et structurant, a permis aux enfants d’épanouir pleinement leurs fonctions exécutives, et notamment, de façon spectaculaire, leur mémoire de travail (voir les résultats). Et, nous l’avons vu, avoir de bonnes fonctions exécutives permet d’entrer plus facilement dans les apprentissages et de développer des relations sociales harmonieuses. C’est ainsi que les enfants de Gennevilliers sont entrés avec facilité dans les apprentissages fondamentaux et ont développé de grandes qualités sociales.

Premiers pas vers l’autonomie.

Pour commencer, montrons aux petits à peine âgés de 2 ans ½, les gestes qui leur permettent d’avancer par eux-mêmes et en confiance dans cet environnement : comment dérouler et rouler un tapis, comment marcher sans déranger les camarades, s’asseoir délicatement, porter et ranger une chaise, mettre seul ses chaussures et les ranger, parler bas, ouvrir et fermer une porte, se moucher, etc. Voici les quatre premières démonstrations évoquées. Vous remarquerez sans doute que nous présentons ces gestes de façon exacte et ordonnée, nous en reparlons après les vidéos.

Des exercices efficaces, pourquoi ?

D’abord, c’est chacun son tour.

Lorsque l’adulte montre les gestes à l’enfant, celui-ci doit attendre la fin de la démonstration pour les reproduire. Il doit ainsi inhiber son désir de faire jusqu’à la fin de la présentation, tout en gardant en mémoire la succession de gestes à exécuter et le but à atteindre. Il entraîne alors de façon extrêmement efficace son contrôle inhibiteur et sa mémoire de travail

Ensuite, le but est explicite.

L’adulte annonce clairement le but à l’enfant. C’est un point capital. Sans objectif, il n’y a besoin ni de garder en mémoire des informations, ni de les planifier, ni de rester flexible dans ses stratégies, puisque de toutes façons, il n’y a aucun but défini.

La démonstration est exacte et possède un ordre logique.

L‘exactitude et la logique de la démonstration génèrent un immense plaisir chez l’enfant car elles challengent ses fonctions exécutives en plein développement. En effet, pour rester logique et exact, il va devoir mémoriser davantage l’ordre et la précision des gestes ; il va devoir davantage contrôler ses gestes, et enfin il devra davantage revoir ses stratégies pour atteindre l’exactitude proposée. Répétons-le, ces conditions d’exactitude et de contrôle provoque chez l’enfant de 3 ans une grande concentration et une satisfaction joyeuse. Pour que la transmission des gestes soit optimale, nous vous invitons à faire une démonstration silencieuse. En effet, parler lors de la démonstration parasiterait l’absorption des gestes. Si l’on souhaite apporter aux enfants des notions de vocabulaire, faisons-le avant ou après avoir fait la démonstration.

Rouler un tapis

Il peut détecter son erreur tout seul.

Lorsque nous disons à l’enfant que nous allons lui montrer comment marcher dans la classe, nous attirons son attention sur le fait que nous évitons les tapis. Et, s’il marche sur un tapis, cela lui offre un retour d’information immédiat : il doit contrôler davantage ses gestes. Même chose pour les autres présentations : si le tapis ne tient pas debout, c’est qu’il est mal roulé ; si ranger la chaise fait du bruit, c’est que les gestes sont trop brusques, etc.

“Je vais te montrer comment rouler un tapis. (…) Regarde, s’il est bien roulé, il tient debout !”
“Je vais te montrer comment marcher dans la classe (…) Tu as vu ? J’évite les tapis.”
“Je vais te montrer comment ranger une chaise (…) Tu as entendu ? Je n’ai fait aucun bruit.”
“Je vais te montrer comment t’asseoir (…) Tu as entendu ? Je n’ai fait aucun bruit.”

L’enfant peut alors se perfectionner tout seul en répétant autant qu’il le souhaite, et sans avoir besoin du retour de l’adulte puisqu’il peut lui-même percevoir son erreur. A Gennevilliers, certains enfants roulaient une dizaine de fois de suite leur tapis, jusqu’à ce qu’il tienne parfaitement debout. Dès lors, la seule tâche qui incombe à l’adulte est ne pas interrompre et de protéger cette répétition constructrice.

La démonstration est individuelle.

Pourquoi ? Parce qu’à 3 ans, son contrôle inhibiteur et sa mémoire de travail sont faibles. Ainsi, si la présentation avait lieu avec 2 ou 3 camarades, l’enfant oublierait les gestes montrés par l’adulte, le temps que les autres réalisent les gestes chacun leur tour ; il n’aurait par ailleurs pas la capacité de patienter pendant que 2 ou 3 autres de ses camarades s’exercent. La démonstration individuelle, elle, offre une difficulté intéressante mais pas décourageante : l’enfant peut mémoriser et apprendre à se contrôler le temps de la présentation. Enfin, la présentation individuelle permet d’apporter une aide adaptée pour que l’enfant progresse, sans jamais faire à sa place.

Par ailleurs, l’individualisation permet d’identifier rapidement les enfants qui ont des difficultés à se contrôler, à mémoriser sur des périodes courtes ou à modifier leur stratégie lorsqu’elle ne fonctionne pas. Avec ces enfants-là, il faut être davantage patient, confiant, les encourager plus que les autres, et les inviter tous les jours à faire ce type d’exercices pour leur permettre d’entraîner, de développer, et de maîtriser progressivement ces compétences exécutives. Et le jeu en vaut la chandelle, car vous le verrez, un beau jour, ces enfants seront transformés.

Maria Montessori.

Maria Montessori appelait ces exercices quotidiens très structurés “les exercices préliminaires”. Ils sont en effet préliminaires car en entraînant les fonctions exécutives, ils préparent deux choses : l’autonomie et l’entrée naturelle dans les apprentissages. Et c’est là tout le génie de Maria Montessori, qui avait perçu l’importance de ce qui ne s’appelait pas encore le développement exécutif, et ce, dès 1907.

“En effet, quand nous leur enseignions un geste avec une précision exacte, c’est cette précision qui semblait retenir leur intérêt. Avoir un but réel à atteindre, c’était le premier temps ; mais la façon de l’exercer avec exactitude, c’était le soutien pour rendre l’enfant constant et, par conséquent, pour l’amener à progresser.” Maria Montessori, dans L’esprit absorbant de l’enfant, p.155

Un travail d’équipe.

Si l’enseignant doit montrer ces gestes aux enfants, l’ATSEM doit le faire encore davantage. En effet, pendant que l’enseignant présente des activités aux enfants, l’ATSEM rappelle ces gestes aux plus petits tous les jours. Il/elle devra le faire non pas comme une correction mais comme une présentation amusante pour ne pas braquer l’enfant. Nous vous invitons donc à préparer ces gestes avec votre ATSEM et à visionner les vidéos en équipe. Vous pouvez les télécharger sur Viméo, et les partager via notre chaîne YouTube. Et n’oubliez pas : la transmission de ces gestes demande beaucoup de temps. Certains enfants auront besoin de plusieurs semaines de démonstrations et de pratique. Patience donc !

Advertisements
80 commentaires
  1. Merci. Explicite et pratique, tout en étant clairement relié aux articles précédents.

  2. Véronique Gemar a dit:

    Merci merci je rêve que la France se passionne enfin pour cette approche !!!

  3. Beatrice Missant a dit:

    Merci Céline pour votre compréhension si intelligente et si fine de la pensée de Maria Montessori , et de votre partage.
    Je suis très admirative.
    Beatrice Missant ( Des ateliers Montessori à l’école : une expérience en maternelle .)

      • laure a dit:

        Merci à vous deux, je relis le livre de Béatrice Missant à chaque vacances scolaires et relis le blog de Céline de long en large aussi souvent que possible. Et maintenant des vidéos pour former un peu mieux les atsems… C’est fantastique. Toute notre école maternelle fonctionne en ateliers libres, et ce dès la toute petite section. Vous avez été une réelle inspiration. merci mille fois.

  4. Monique Chaplie a dit:

    Je trouve très riches les articles de Céline Alvarez.

  5. Rien à dire de plus… Merci!
    Après avoir expérimenté (et quel succès!), après l’essaimage remis en cause (à mon grand désespoir…) , tu trouves encore la volonté de nous faire partager, de nous enseigner. Alors, juste Merci!
    Hâte de découvrir d’autres merveilles.

  6. Nathalie a dit:

    J’en reviens à mon idée fixe: quelle attitude adopter face à un enfant qui ne respecte pas la règle? Exemple: x court dans la classe et marche sur les tapis. Y tire la chaise. Bon, j’ai mon idée mais je veux bien un léger éclairage. Pour ma part, j’ai choisi d’intervenir lorsque l’ambiance de la classe se trouve mise à mal. Je n’interviens pas lorsque personne n’est gêné mais je note qu’il faudra y revenir avec x ou y. Allez, un début de réponse SVP et pas  » on verra plus tard… » Quelle attitude avez-vous choisie d’adopter? De plus, l’objectif affiché ( ex: ne pas faire de bruit) n’est pas toujours pertinent. Dans ma classe, le revêtement au sol fait que même si un enfant traîne une chaise, on entend rien. Sur le coup, je suis moins attentive au respect du port de la chaise. Qu’en pensez-vous?

    • Bonjour Nathalie. Lorsqu’un enfant court dans la classe malgré les présentations, ou tire bruyamment la chaise, c’est qu’il n’a pas encore les moyens de se contrôler. Vous aurez beau lui dire « Ne cours pas » ou même essayer de l’intimider en haussant le ton, rien n’y fera. Ce dont il a besoin c’est de construire la capacité à faire ce que vous lui demandez. Alors patientez, continuez à lui montrer comment bien le faire et nous allons vous montrer ces prochaines semaines des activités pratiques qui continuent d’exercer les fonctions exécutives des enfants et qui donc, vont leur permettre de pouvoir se contrôler et faire ce que vous leur demandez. Je pense que vous avez raison, il n’est donc pas nécessaire d’intervenir si cela ne dérange pas les autres ; en revanche, il ne faut pas hésiter à lui dire lorsque son attitude brusque dérange les autres « Regarde, untel est dérangé parce que tu as marché sur son tapis en courant, je vais te montrer comment faire attention. » Et vous lui remontrez. Il n’y arrivera à nouveau certainement pas, mais le copain sera apaisé par votre « protection ». (Je vous invite également à faire formuler à l’enfant molesté ce qu’il ressent… Par exemple, « Je suis en colère parce que tu as détruit mon travail en marchant sur mon tapis. » Et c’est tout, pas besoin de demander à l’autre de dire « pardon », mais c’est un autre sujet que nous aborderons également.) Ai-je répondu à votre question ? Belle journée à vous, Céline

      • Nathalie a dit:

        Merci beaucoup. La réponse me convient parfaitement. Elle me conforte dans ma pratique. Je ne pense jamais avoir demandé à l’enfant qui « dérange » de s’excuser mais c’était inconscient. Maintenant, je sais pourquoi je ne le ferai pas (ça me parle). Par contre, je n’avais jamais pensé à donner la parole à l’enfant lésé… ( en même temps, certains grands s’en chargent seuls).Voilà une idée de plus que je vais m’approprier. Concernant le 2d point (qui fait débat chez nous): quand le contrôle de l’erreur n’est pas possible (ex: tirer la chaise ne fais aucun bruit vu le revêtement du sol) faut-il continuer à imposer un modèle et si oui à quel titre? ( parceque, bien sûr, j’ai eu des réponses du type  » mais moi j’y arrive mieux comme ça; il n’y a pas de bruit, je ne cogne pas la table et je n’ai pas mal au dos car la chaise n’est pas lourde » et dans ce cas je reste un peu sans réponse…
        Bonne soirée.

        • Bonsoir Nathalie, en effet, le retour d’information n’est pas possible dans le cas d’un revêtement absorbant au sol, mais peut-être est-il possible lorsque l’enfant ramène la chaise vers la table : elle ne doit pas « cogner » la table, mais être ramenée sans bruit. Qu’en dites-vous ?

  7. sylvie a dit:

    bonjour, j’ai commencé cette année à me servir de quelques « outils » de la pédagogie, malheureusement de façon un peu empirique mais en respectant toutefois l’esprit. Ce qui me manque de de mieux appréhender la progression des situations afin de ne pas mettre l’enfant en échec. Ayant bien compris qu’un travail ne peut être pris par l’enfant qu’aprés avoir été présenté (de façon individuelle) la question que je me pose : en début d’année tandis que l’on travaille à la mise en place de l’ambiance et des gestes (tapis, chaise, etc) que font les autres enfants qui n’ont pas encore eu de présentation ? j’imagine que l’on doit leur donner des activités qui ne feront pas l’objet de présentation par la suite (puzzle, pâte à modeler, etc) ? merci pour toutes les suggestions !
    et puis malgré ma colère contre l’EN qui ne voit pas le formidable outil de la pédagogie Montessori, je continuerai à essayer d’oeuvrer pour que l’école publique ne soit pas seulement synonyme d’immobilité et de fermeture mais qu’il puisse y avoir , comme dans beaucoup de classes aux maîtresses et maîtres volontaires , des espaces d’épanouissement , de respect et de bienveillance pour les enfants que nous accueillons.

    • Bonjour Sylvie et merci pour votre message. Bravo pour votre démarche :) J’ai répondu à votre question dans un autre commentaire. L’avez-vous vu ? Belle journée à vous, Céline

      • Dorothée a dit:

        Bonjour,
        Merci pour votre blog qui est une mine. Néanmoins, je n’ai pas trouvé le lien que vous mentionnez et qui doit répondre à la question posée précédemment. Pourriez-vous ajouter un lien vers ce commentaire pour les personnes peu douées comme moi? Je vous en remercie par avance. Cordialement

        • Bonjour Dorothée. Si votre question concerne le démarrage des présentations, il me semble que vous devriez trouver des éléments de réponse ici. N’hésitez pas à lire les articles de la rubrique « Lancez-vous! ». Je reste à votre disposition en cas de besoin.

  8. Christelle a dit:

    C’est délicieux … et encore plus quand on peut le vivre avec les élèves…. mais c’est vraiment petit à petit… et comme c’est très bien dit c’est un travail d’équipe avec l’ATSEM et là ce n’est pas toujours évident non plus… On va y arriver…; !
    300 ans pour qu’une idée soit accepter et appliquer par tous…voilà ce que nous disait notre prof en Sciences de l’éducation en parlant de L’education de Rousseau… Tout n’est pas encore perdu !! Cela ne fait que 100 ans…

    Merci beaucoup de garder cette force de partager aussi justement.. vivement les prochains…

  9. audreylecoat@yahoo.fr a dit:

    Wahou que du bonheur! Je ne suis pas très en phase avec mon idée de la classe et ce qui se passe en ce moment dans la mienne (et ça c’est dur!) J’aime lire ces articles, voir et revoir ces vidéos si explicites, ça met du baume au cœur après des journée difficiles :) Un grand merci Céline votre travail me passionne! ( si un jour vous mettez en place une formation plus formelle je suis prête à m’y engager!) Bonne soirée et au plaisir de vous relire Audrey

    Ps: j’ai visionné « être et devenir », c’est magnifique de voir le parcours si créatif de ces enfants et à la fois si déconcertant!

  10. Veronique a dit:

    Merci beaucoup de nous faire partager tout votre savoir et expérience. Je garde mes deux enfants de 3 ans à la maison (la scolarisation se faisant à 4 ans et encore de façon optionnelle) et vos articles sont une aide précieuse. Votre travail inspire beaucoup de gens, merci de nous le faire partager!

  11. laure a dit:

    ENCOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOORE!!!!!!!!!!!!!!!!! :-)

  12. Alcala a dit:

    C’est formidable on peut le faire déjà à la maison. Mais c’est terriblement frustrant car ça ne se passe pas du tout comme cela à l’école. 22 enfants, une institutrice et une ATSEM, il n’est pas possible de travailler correctement et d’adapter les outils et l’environnement à l’enfant. La fameuse réforme scolaire devrait copier et mettre des moyens considérable dans cette façon intelligente de travailler. Ministre de l’éducation nationale ça ne vous plairait pas? quelqu’un comme vous qui avez mis en place des outils au service de l’enfance et qui a obtenu des résultats fabuleux et inespérés! Vous êtes une femme de terrain qui est prête à présent à mettre en place ce projet partout en France.

  13. juliettega a dit:

    Bonjour
    Félicitations !!
    Comme j’aimerais que mes enfants aient un professeur comme vous.
    Plusieurs questions me taraudent : quelle est la réaction à avoir quand l’enfant n’est pas attentif pendant la démonstration ? s’il se trompe faut il intervenir, le laisser se tromper, lui remontrer ( mais quand ) ? Que faire quand l’enfant demande que l’on fasse à sa place : le faire, insister ?
    Bref je suis très curieuse de lire un article sur les difficultés éventuellement rencontrées et le moyen d’y remédier
    Merci encore, tout cela est passionnant et inspirant !

    • Bonjour Juliette, j’ai répondu à ces questions un peu plus haut, les avez-vous vu ? Est-ce que cela répond à vos questions ?

  14. mylène a dit:

    MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!! Toujours et encore merci !!!!!
    Comment convaincre et former une Atsem non bienveillante ?

      • mylène a dit:

        Eh bien… je n’ose pas ! C’est bête mais j’ai peur de sa réaction… Peur qu’elle est un regard décourageant ! Il faut que je travaille d’abord ma confiance en moi je pense…

  15. aurel a dit:

    Bravo Céline! Tout paraît si simple expliqué ainsi…
    petite question : après l’ âge de 5 ans je suppose qu’il est toujours possible de développer ces 3 fonctions, mais cela se fait-il de la même manière? J’ai des enfants de CP dans ma classe et je suis persuadée que certains n’ont pour l’instant pas assez développé ces fonctions exécutives et je souhaite vraiment les aider. Plus je vous lis et plus je pense que la raison de leurs difficultés se situe peut être d’abord à ce niveau. Au plaisir de vous lire…

    Aurélie

    • Bonjour Aurélie. Je pense aussi que la plupart des « problèmes » que rencontrent les enfants en élémentaire sont dûs à un sous-développement des fonctions exécutives. Je vous invite à lire ce document de Harvard qui donne des idées par tranche d’âges pour favoriser le développement de ces compétences socles. Merci également pour votre message :)

      • aurel a dit:

        Merci beaucoup pour votre réponse. Ce document a-t-il déjà été traduit ? Si non ce sera une bonne occasion pour moi de me replonger dans l’anglais …ou de me faire aider

        • Il n’a pas été traduit, enfin, pas à ma connaissance. Mais c’est de l’anglais facile, ça ira vous verrez :)

  16. Monclus a dit:

    Bonsoir Céline,

    Ah chouette, du concrès accessible pour nous tous dans nos classes.
    Je vais montrer cela à mon atsem qui est déjà bien sensiblilisée depuis six ans que nous progressons ensemble.

    Encore merci pour ce partage.

    Catherine

  17. nikelbarbara a dit:

    Merci Céline pour ce travail. Un nouveau souffle pour nos écoles maternelles.

      • Barbara a dit:

        Bonsoir Céline,
        ça y est c’est décidé, on se lance (avec une collègue aussi convaincue que moi) dés la rentrée 2015 dans une classe multi-âges! On garde nos ms qui deviendront des Gs et nos Ps qui deviendront des MS, on accueillera 7 petits dans chaque classe.
        On le fait non sans appréhensions mais en même temps je ne me vois plus revenir en arrière.

        Mais voilà ma question concernant L’ATSEM.
        L’année prochaine je vais travailler avec une nouvelle personne et je pense qu’il faudra quelques temps pour établir une relation de confiance et pour se connaitre réciproquement. J’espère que progressivement elle souhaitera prendre part dans cette nouvelle organisation.
        Mais en attendant, je pense quand même lui confier un groupe pour des activités d’arts visuels et cela dans l’idée de réduire de qques élèves le groupe en autonomie.(pour me rendre plus disponible)
        J’ai trouvé que ça comme solution en attendant que l’atsem me rejoigne dans la présentation des activités.
        Et en même temps cette nouvelle organisation de classe représente un vrai bouleversement dans le travail de l’ATSEM et je ne voudrais pas précipiter les choses en lui supprimant le travail plus « traditionnel » .
        Qu’en penses-tu?
        Barbara

        • Bonjour Barbara, si tu es à l’aise avec cette façon de procéder, je pense que c’est que c’est la bonne. :) Nous allons prochainement changer de site et un forum sera disponible pour les questions d’organisation avec l’ATSEM et le démarrage. Cela devrait bien aider pour répondre à ce genre de questions. Bravo en tous cas pour cette réorientation pédagogique, et belle continuation !

  18. mylène a dit:

    Encore une petite question, que peut-on dire aux enfants pour qu’ils aient un retour immédiat sur le bruit qu’ils font ? Vous avez donné de très bons exemples pour la chaise, le déplacement… et j’aimerais savoir ce que vous avez dit et comment vous avez présenté cela pour le « parler bas » ? J’espère que vous comprendrez ma question car j’ai du mal à m’exprimer correctement en cette fin d’année fatiguante…

    • Bonjour Mylène. Je crois comprendre votre question et elle est très juste :) Il est important de parler bas soi-même et de montrer aux enfants comment faire. Le retour immédiat est en effet plus compliqué pour « Parler bas ». C’est nous qui le donnions aux enfants en nous rapprochant d’eux et en leur disant à l’oreille « Parle bas, comme ça », lorsqu’ils parlaient fort. Mais, comme je l’ai dit plus haut, c’est en développant leur contrôle inhibiteur que les enfants seront de plus en plus capables de se contrôler, de parler bas, de tirer la chaise sans bruit, etc. Il faut leur permettre de d’exercer leur capacité à se contrôler plutôt que de s’énerver parce qu’ils n’arrivent pas à le faire, vous comprenez ? Il faut donc travailler de façon indirecte, en leur proposant davantage d’activités pratiques (vidéos à venir ces prochaines semaines) et en travaillant les exercices de silence notamment (article programmé bientôt aussi!) J’espère avoir répondu à votre question.

      • mylène a dit:

        Oui vous avez complétement répondu à ma question ! ☺ vos réponses sont toujours inspirantes et pleine de sagesse et de bienveillance ! Mon éducation passée ne m’a pas permis d’avoir cette confiance en moi, avez-vous des astuces pour apprendre ce lâcher prise si important ? De la méditation, du yoga, de la CNV…?

  19. Lobeline a dit:

    Tout ça est merveilleux, et très encourageant. J’ai juste une petite question : Comment débuter les premières semaines de septembre ? Que font ceux à qui on n’a pas encore présenté beaucoup d’activités pendant que l’ATSEM et l’enseignante sont justement très occupées par des présentations individuelles ? Je comprends que quand une partie des enfants a déjà fréquenté la classe les années précédentes c’est gérable, mais la première année ?

    • Bonjour Leila, pour répondre à cette question, il me faudrait plusieurs pages et avoir partagé avec vous d’autres articles. Je vais répondre à cette question fondamentale du « démarrage » avant la rentrée de septembre. Nous y consacrerons un ou plusieurs articles.

  20. Juliette a dit:

    Bravo ! Tout ce que je lis sur votre blog est enthousiasmant et en même temps, je ne peux m’empêcher de ressentir un peu de tristesse : comment faire pour que les enfants puissent bénéficier de cela aujourd’hui …peut on mettre en place des choses à la maison ? Comment empêcher les  » dégâts » induits parfois par l’école ( perte d’enthousiasme des enfants à qui on a refusé un et qui apprenne ensuite péniblement et sans plaisir.)
    Mais pour revenir à votre dernier post, je me pose plusieurs questions : que faire face à un enfant qui ne tient pas en place ou interrompt la démonstration ? Quand il se trompe, faut-il lui remontrer? Le corriger ? Et que faire face à un enfant qui vous demande de le faire à sa place ? Que cela ne semble pas intéresser ?

    Un article sur les problèmes éventuellement rencontrés serait génial !

    Merci encore
    J’espère que vous convaincrez beaucoup beaucoup de gens pour le bien des enfants, du monde de demain

    • Bonjour Juliette, merci pour votre message. Bien sûr que vous pouvez mettre en place des choses à la maison. Une fois que vous avez compris le « concept » d’entraînement des fonctions exécutives, la plasticité cérébrale ou l’importance de la relation positive et soutenante, alors vous pourrez aider aux mieux vos enfants à la maison : en les autonomisant, en ne sous-estimant pas leurs capacités, et en les encourageant, en leur manifestant votre amour et votre confiance.

      Concernant les enfants qui vous interrompent pendant la présentation, deux choses : il est important de bien annoncer au début « Je vais le faire jusqu’au bout et après c’est toi. Tu dois attendre que je termine, d’accord ? » Et si, pendant la présentation, il ne peut pas s’empêcher d’essayer, il faut insister « Non non, je te l’ai dit, tu dois attendre que je termine. » (Et il faut être sûr de soi – et vous pouvez l’être puisque c’est important pour son développement que d’apprendre à se contrôler et important de voir la présentation jusqu’au bout pour la reproduire). A priori, si vous faites cela, les enfants attendent – même si certains détournent le regard, continuez, c’est leur stratégie pour patienter (comme certains le faisaient dans la vidéo du Chamallow) et si cela est nécessaire vous lui remontrerez une fois qu’il aura essayé. Au début c’est souvent le cas, sûrs d’eux, ils ne regardent pas avec attention puis lorsque c’est à eux, ils redemandent à voir.

      Si l’enfant se trompe, laissez-le s’en rendre compte et laissez-lui le temps de trouver une autre stratégie (pour qu’il développe sa flexibilité cognitive et sa confiance en lui). S’il ne s’en sort pas, aidez-le avant qu’il ne se décourage – mais ne faites pas à sa place : donnez-lui simplement une petite aide qui « débloquera » la situation. Vous pouvez le voir sur la vidéo pour dérouler un tapis, l’adulte aide l’enfant avec un geste sans faire à sa place, et seulement lorsque l’enfant est « coincé ».

      Si l’enfant veut que vous fassiez à sa place, essayez avec douceur de lui dire « Ah je l’ai fait, mais maintenant c’est à toi. Je reste là, je t’aiderai si tu as besoin. » C’est sans doute un enfant qui veut s’assurer de votre présence. Ce cas est très rare je pense, mais s’il se présente, il faut avoir en tête de l’aider plus que les autres pour lui donner confiance, mais il faudra diminuer progressivement votre aide.

      Dans le cas des exercices préliminaires, si l’enfant n’est pas intéressé, il faut trouver un moyen de l’enthousiasmer malgré tout. Maria Montessori disait « Séduisez-le ! » Donnez-lui envie de le faire :) Sinon, trouvez un autre exercice préliminaire qui préparera autant ses fonctions exécutives mais qui l’intéressera plus. L’important est de trouver dans un premier temps, l’exercice qui « attrape son attention » pour qu’il développe sa capacité à faire. Ensuite, les présentations seront de plus en plus intéressantes pour lui.

      Je vais garder vos questions, vous avez raison, je vais me garder un document de côté pour faire un article sur les « mais comment je fais quand ? »

      Merci donc pour vos questions, j’espère y avoir répondu.
      Bien chaleureusement, Céline

      • juliettega a dit:

        Oui ! Merci beaucoup ++++

  21. laure a dit:

    Céline, pensez-vous qu’avec des TPS-PS c’est jouable, où le manque d’enfants plus grands va nuire au groupe?
    Je n’ai jamais eu de TPS, ça va être la grande nouveauté en septembre…
    Je pensais les faire évoluer au moins la moitié de l’année sur l’ellipse au sol, le matériel sensoriel et les ateliers de vie pratique… mais j’appréhende…à 2 ans ils sont si petits!
    Si des maîtresses de TPS me lisent, je veux bien des clés!!

    • Bonsoir Laure. Tout d’abord, avez-vous une/un ATSEM ? C’est un point indispensable pour envisager l’autonomie au sein d’une classe et davantage avec des enfants si jeunes. Sans cet élément-clé, je vous déconseille de vous lancer dans une telle aventure. Vous pourriez terminer quelques semaines plus tard sur les rotules :)

      • laure a dit:

        oui j’ai une atsem à plein temps… on fonctionne déjà en activité libre choix depuis deux ans… on a fabriqué tout un tas de matériel…. ce sont les vidéos de votre classe qui nous avaient décidées à nous lancer…mais malheureusement, avec les moyens du bord!! Je n’avais pas songé à mettre autant l’accent sur ces activités décrites dans les vidéos ci-dessus… c’est une nouvelle façon de voir les choses pour moi… j’espère que ça fonctionnera, ça me tient vraiment à coeur… Merci à vous en tout cas.

  22. Hélène a dit:

    Merci Céline et bravo pour cette vulgarisation. Vous nous facilitez grandement la tâche, à nous les enseignant-e-s, qui tentons d’introduire cette pédagogie dans l’Education Nationale. Merci pour toutes ces preuves scientifiques qui nous permettent d’argumenter auprès de nos atsems, de nos supérieurs hiérarchiques et des parents de nos élèves. Merci également de prendre le temps de répondre à nos interrogations qui éclairent nos pratiques par des « petits riens » qui éclairent tout. Tous mes encouragements enthousiastes pour la suite. :-)

  23. Edifiant également pour un papa qui trouve des sources d’inspiration pour le quotidien.

  24. harvestmoon a dit:

    Bonsoir Céline,
    Je suis enseignant dans une classe de CE2-CM1-CM2 depuis 3 ans et je peux voir les « dégâts » que l’école traditionnelle engendre chez les enfants. C’est assez incroyable. Félicitations pour votre travail! Continuez à publier des résultats d’études et vos vidéos.
    Sans être diplômé de cette pédagogie mais seulement adepte de celle-ci grâce à des lectures et des recherches sur internet, je confirme tout l’intérêt auprès des enfants même plus grand de ce type d’approche.

  25. kubler a dit:

    Bonjour Céline,
    32 élèves de petite section cette année dont un enfant avec une forte suspicion pour « un trouble du développement » qu’il a bien fallu gérer sans aide (c’est long les dossiers !)
    C’est en cherchant des solutions à mon organisation de classe que je suis tombée sur votre expérimentation à Gennevilliers.
    C’est votre travail qui m’a portée et soutenue durant ces longs mois épuisants.
    Avec ma directrice nous avons demandé à nos conseillers pédagogiques, dans le cadre de la formation continue, si vous pouviez venir faire une conférence sur notre circonscription, ou tout simplement qu’ils nous informent de vos travaux ! Nous attendons avec impatience le plan de formation continu qui doit arriver bientôt…

    Je dois également être inspectée et je compte bien parler de vous et vos résultats fantastiques à mon inspecteur lors de mon entretien.
    La rentrée prochaine, mon projet de classe portera sur les fameuses fonctions exécutives et l’autonomie.
    Question sur les « fonctions exécutives » : après quelques recherches j’ai lu que « les enfants de 5 ans aujourd’hui possèdent moins d’habiletés de fonctions exécutives que les enfants du même âge des générations précédentes ». (Smirnova, 1998; Smirnova & Gudareva, 2004).
    Dans cette étude on n’explique pas pourquoi. Hypothèse de ma part : on ne laisse plus le temps aux enfants de faire par eux-mêmes que se soit à la maison ou à l’école : on les bouscule sans cesse (ex : je fais tes lacets parce qu’on va arriver en retard à l’école, je mets tes chaussures pour être dans la cour de récréation à temps pour respecter mon emploi du temps …). Qu’en pensez-vous ?
    Question pratique : si les enfants sont libres de choisir à tout moment leur activité comment peut on tenir un cahier journal et présenter un emploi du temps à un Inspecteur qui ne manquera pas de me rappeler les documents obligatoires ?
    Question qui me tourmente : pourquoi l’Education Nationale n’a pas voulu poursuivre l’expérience ? Quelles sont les raisons qui vous ont été données ?

    J’ai lu attentivement les questions de mes collègues : elles rejoignent les miennes, j’attends toutes les réponses que vous allez bientôt mettre en ligne. Je suis avide de les connaître, de me les approprier et de les appliquer.
    J’ai envie de dire bravo à mes collègues pour leur travail de réflexion, leur recherche, leur remise en question parce que je reste persuadée que notre « chef du personnel » ne pensera jamais à le faire.
    Quant à vous, Céline, je ne vous remercierai jamais assez : j’en ai appris plus en quelques mois qu’en 20 ans de formation continue…
    Si vous cherchez une classe pour « d’autres expérimentations » , s’il vous plait pensez à moi !

    • Bonjour Sophie, merci beaucoup pour votre message, votre enthousiasme et votre belle énergie que l’on perçoit en vous lisant. Je suis vraiment heureuse de constater que mon travail a un impact positif sur votre vie de classe. Pour répondre à vos questions pratiques, tenir un cahier journal par enfant est impossible… La classe devient rapidement une vraie ruche, vous ne pourrez pas voir tout ce qu’il s’y passe :) Néanmoins, et cela me semble fondamental, je tenais un suivi sur les présentations « importantes » et j’évaluais très régulièrement si le concept de la présentation était acquis ou pas, et ce pour chaque enfant. Je mettrai prochainement en ligne ce tableau de suivi.

      Concernant l’arrêt de l’expérimentation, vous trouverez vos réponses dans l’onglet L’équipe du menu du blog, ici :)

      Si un accompagnement pratique cet été pour démarrer en septembre vous intéresse, merci de nous le faire savoir ici. A bientôt !

  26. Agnès a dit:

    Bonsoir Céline,
    Un grand merci tout d’abord pour ce partage et cette bouffée d’air frais qui autorise à penser autrement.
    Jeune enseignante et maîtresse de MS depuis 3 ans, j’entre progressivement – à votre contact – dans cette approche d’une scolarité différente qui me permet de mieux respecter l’individualité de mes petits élèves. Cette année, j’ai conservé des ateliers d’apprentissages « traditionnels » (qui rassurent mon besoin de contrôle – cette peur de ne pas leur enseigner les attendus du programme) et des ateliers autonomes en libre accès. Bien sûr je suis tentée de basculer entièrement mais je me demande si cela est pertinent avec une classe en niveau simple et la présence en pointillé de l’ATSEM (moins de 50% du temps scolaire). Pouvez-vous me donner votre avis ?
    Je suis également directrice de l’école (8 classes en ZEP, profil REP+) et je voudrais savoir si vous avez la possibilité d’intervenir directement dans les écoles pour présenter votre démarche et répondre aux interrogations des enseignants.

    • Bonjour Agnès, merci beaucoup pour votre chaleureux message. Avec un simple niveau, je vous déconseille en effet d’installer un fonctionnement basé sur l’autonomie des enfants, vous risqueriez de vous fatiguer… il me semble vraiment important d’avoir des âges mélangés PS, MS, GS pour que les plus grands, rapidement autonomes, aident les petits (et que les petits aient envie de faire comme les grands). Si vous aviez ces trois niveaux, vous pourriez vous organiser avec la présence de l’ATSEM seulement le matin, même si ce n’est pas optimal – mais il faut bien faire avec les contraintes actuelles. Pour votre deuxième question, je vous invite à me contacter au mail suivant classegennevilliers@gmail.com. Belle journée à vous, Céline

  27. mylèneB a dit:

    Bonjour Céline et Anna, j’ai bien relu cet article et les messages associés, et une question m’est venue : quelles sont les règles de vie collectives « clairement explicitées » dont vous parlez ? Bonne fin de semaine à vous 2 !

    • Bonjour Mylène, nous allons les aborder lorsque nous parlerons du démarrage de la classe. Pour donner déjà quelques pistes, il y avait une seule règle principale : ne pas déranger un enfant ou un adulte qui « travaille ». Par conséquent : parler bas, marcher doucement pour éviter de marcher sur un tapis, etc. Nous étions très strict sur cette règle puisque c’était la principale : ne pas déranger. Lorsqu’un enfant dérangeait un autre, nous lui disions de façon très ferme « Ca, c’est non. Lorsque tu travailles, je n’accepte pas qu’un enfant te dérange, alors je n’accepte pas non plus que tu déranges un tel, lui aussi il veut être tranquille lorsqu’il est occupé. » Et, pour l’enfant qui avait été gêné ou molesté par un autre, nous l’aidions à chaque fois à exprimer ce qu’il ressentait en reprenant ce que son camarade lui avait fait « Quand tu marches sur mon tapis, tu fais tomber mon travail et ça me rend triste/ça me met en colère, etc. » Nous ne demandions jamais à l’enfant qui avait dérangé de « demander pardon », nous lui demandions en revanche d’écouter attentivement ce que son camarade avait ressenti. Cela suffisait à désamorcer de nombreux conflits et à assurer progressivement un calme pérenne dans la classe : l’empathie des enfants se développait à vue d’oeil, ils faisaient de plus en plus attention aux autres. Nous aidions par ailleurs l’enfant qui avait dérangé à trouver une activité qui lui plaise. Une autre règle importante concerne le matériel qui doit toujours être rangé à sa place et utilisé pour l’objectif que nous avons donné lors de la présentation. Si les écrous sont utilisés pour les faire rouler et faire une course à écrous, c’est un non ferme bien évidemment. Voilà les principales règles qui nous ont permis d’installer un certain ordre dès les premières semaines. Il faut bien garder en tête qu’installer l’ordre est un combat de tous les instants les premières semaines, et les deux adultes de la classe doivent y être très vigilants.

      • caline62 a dit:

        Merci Céline et donc vous ne fixiez rien par un règlement de classe en images par exemple ?
        Cetait juste les règles énoncées lors des présentations et ou regroupement ?

        • Tout à fait. Vous l’aurez certainement remarqué à lecture de mes articles, ma volonté est de didactiser le moins possible. :) Je pense en effet, que la seule façon de fixer des habitudes aux enfants n’est pas de leur montrer sur une affichette, mais, plasticité cérébrale oblige de faire vivre ces règles en contexte : 1. de le faire soi-même pour qu’ils modélisent, 2. de leur faire un retour immédiat d’information (donc en contexte), 3. de les inviter à faire et à refaire ce que nous attendons. Les affichettes seront sans doute très jolies, mais elles n’aideront pas les enfants à créer des nouveaux réseaux synaptiques (le cerveau a besoin d’être actif et en contexte pour créer des connexions synaptiques). Les enfants ne s’en souviendront tout simplement pas en contexte. Ceux qui s’en souviendront, sont ceux qui ont déjà intégrés les règles. Néanmoins, pour démarrer, j’imagine que c’est une bonne « béquille » pour l’enseignant. Elles doivent certainement l’aider à se souvenir lui-même des règles de la classe. Et cela peut-être un point très important. Mais, pour la sobriété des murs de la classe, je vous invite à les retirer dès que vous les avez vous-même intégrées. :)

      • mylèneB a dit:

        Merci Céline et Anna pour votre réponse déjà bien détaillée… J’ai hâte de lire l’article sur les débuts (les premières semaines).
        Du coup, si certains enfants (les plus jeunes souvent) sortent un travail qui ne lui a pas été présenté, vous lui demandez immédiatement de reposer ? Vous lui présentez s’il en est là ? Cependant comme nous sommes très pris lors des premières semaines, nous ne pouvons donc peut-être pas voir tout ce qu’ils sortent, non ?

        • MylèneB a dit:

          J’ai vu votre réponse à une question similaire dans un autre article. Veuillez m’excuser pour cette dernière question.

        • Bonjour Mylène. Pardon de répondre si tard à votre question. Au démarrage, il est vraiment important que les enfants ne prennent que le matériel qui leur a été présenté afin que le fonctionnement de la classe et le comportement des enfants s’ordonne le plus rapidement possible . Si les enfants prennent le matériel sans présentation, vous allez vite être débordée par les comportements desordonnés et inadaptés des enfants, et l’utilisation déviée qu’il feront matériel… et, pas de chance, le désordre entraîne le désordre. Vous allez vite entrer dans un cercle vicieux et vous épuiser. Nous reviendrons sur ce point plus en profondeur dans l’article qui concernera l’année du démarrage.

        • mylèneB a dit:

          Merci pour votre réponse. Du coup, je suppose qu’il faut avoir l’oeil partout même quand on est en pleine présentation… Je vais développer mes yeux derrière la tête 😃

        • Voilà ! Merci Mylène, vous avez parfaitement résumé la situation ! :D

  28. Clara Dumonte a dit:

    Bonsoir Céline,
    Un grand merci pour votre blog si riche, cela donne vraiment envie de le mettre en place. Je suis PES en PS à la rentrée et j’ai une question peut-être un peu bête, en tout cas d’ordre extrêmement pratique : comment fait-on pour présenter individuellement les ateliers à chaque enfant alors que nous ne sommes que deux adultes dans la classe et que les 25 élèves vont choisir un atelier en même temps … ?

    • Bonjour Clara. Je vous invite à lire la rubrique « Lancez-vous ! » accessible depuis le menu du blog. Vous devriez trouver des articles qui répondront à vos questions de démarrage, notamment celui-ci. Belle rentrée !

  29. Valérie a dit:

    Lors de ma réunion de début d’année avec les parents d’élèves, je leur ai expliqué pourquoi il était important qu’ils aident leur enfant à devenir autonome…depuis je vois les mamans inciter leurs enfants à se chausser seul. Cependant, j’ai un petit élève qui refuse catégoriquement d’essayer de mettre ses chaussures lorsque sa maman lui demande….que faire dans ce cas là ?

    • Bonjour Valérie. Difficile de répondre à cette question sans connaître ni l’enfant ni la maman… A mon sens, il faudrait commencer par avoir un temps d’échange avec la maman pour comprendre ce qui peut causer ce blocage.

      • val a dit:

        J’avais oublié….tout s’est arrangé…..c’est à présent un petit garçon super autonome ;)
        Merci Céline et Anna pour les vidéos du 24 et 25….d’excellents souvenirs :)

  30. Boichut Audrey a dit:

    Bonjour Céline, depuis que j’ai découvert votre expérience je lis et relis et relis encore votre blog. J’ai plein de questions mais je ne vous en poserais que 3, Quelle différence faites vous entre votre fonctionnement de classe et une classe Montessori ? Comment vous organisiez vous pour faire un travail par groupe avec les élèves car j’ai lu que vous le faisiez plusieurs fois dans la journée ? Il y a certains ateliers qui peuvent se faire à deux comme je l’ai vu dans certaines de vos vidéos, comment geriez-vous le bruit et le choix de pouvoir faire à deux ? Merci de tout votre partage et je suis vraiment pressée de voir la suite de vos présentations notamment en maths et lecture. Bon courage pour cette fin d’année et bonne continuation. Audrey

  31. sophie a dit:

    Bonjour, merci pour tout ce que vous nous apportez!!!! je suis cette année en transition avec une classe de PS-MS. Je suis enfin prête à me lancer totalement en période 5.
    L’an prochain j’aurai des TPS-PS dont 6 ou 7 tps: comment faire avec les – de 3 ans?
    J’ai peur que physiologiquement ils ne soient pas près à ce fonctionnement même si j’ai une ATSEM géniale!Qu’en pensez-vous?

    • Bonsoir Sophie, je pense qu’un fonctionnement totalement autonome sera difficile sans enfants plus âgés. Les TPS seront privés du tutorat naturel et fondamental d’enfants plus âgés de 4 ou 5 ans. Néanmoins, vous pouvez toujours essayer en commençant par des temps d’autonomie de plus en plus importants – et voir ! Sur le forum, il me semble que des enseignants partagent leur expérience avec des TPS-PS, je vous invite à aller y faire un tour et à partager votre propre expérience pour enrichir nos connaissances collectives ! Belle soirée !

  32. Fanny a dit:

    Bonjour,

    Je me permets de vous poser une question mais tout d’abord merci beaucoup pour cet article que j’ai adoré.

    Mon fils de 3 ans est dans une école Montessori depuis 6 mois, il est le seul à ne pas accepter les règles, tout en les comprenant. Il est parfait lors d’une présentation, il réalise très bien l’activité. Mais une fois qu’il est livré à lui même il n’arrive pas a choisir une activité, donc il vagabonde dans la classe… Il court, marche sur les tapis des autres tout en fixant l’éducatrice, il crie aussi. Le problème c’est qu’il entraine les autres dans sa « folie » et là ça dérange toute la classe…. Je suis perdue car à la maison il est, depuis deux mois, devenu beaucoup plus souple, il accepte les règles (il y en a bcp moins à la maison qu’à l’école ceci dit), il n’y a plus de conflits avec lui.

    Comment puis-je aider de mon côté pour qu’il ne soit pas exclu de la prochaine rentrée… Car je pense que si cela continue comme ça, d’ici un mois les éducatrices vont me dire qu’elle ne peuvent pas le garder.

    Je suis vraiment perdue. Merci

    • Bonsoir Fanny, nous ne pouvons malheureusement pas vous orienter ou vous donner de conseils sans connaître ou avoir observé votre fils… Je vous invite à échanger avec les enseignantes de votre enfant, et à vous faire confiance, vous avez déjà certainement des pistes de réflexion en tête. Bon courage, tout notre soutien.

  33. lucie a dit:

    Bonjour, je suis enseignante en mathématiques. Je termine une expérience de formatrice pour le premier degré de 2 ans qui m’a fait découvrir votre travail. J’aimerais trouver des pistes et/ou des enseignants qui expérimentent le même type de démarche que la votre mais au collège . J’ai vu dans le film « Demain » une école/collège d’un pays nordique qui met en pratique ces principes mais je me demande comment l’adapté à la structure rigide du second degrés de l’éducation nationale ? Merci
    Lucie

    • Chère Lucie, je vous invite à vous mettre en contact (et à vous signaler !) avec des enseignants inscrits sur cette cartographie http://www.celinealvarez.org/carte De nombreuses personnes ont pu se mettre en contact ou être contactées par des enseignants de leur département ou de France pour mener cette réflexion à plusieurs. Bel été à vous et belles rencontres !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s