archive

Vidéos de la classe

Voici une des premières activités pratiques que nous présentions dans la classe aux plus jeunes enfants, à peine âgés de 3 ans. Bien évidemment, n’hésitez pas à proposer cette activité à des enfants plus jeunes !

Nous vous suggérons d’inviter l’enfant à faire cette activité avec une main, puis l’autre. En effet, exercer chacune de ses mains est un challenge motivant pour un enfant en pleine période de développement de ses compétences exécutives. Il sera ensuite libre de le faire ou pas, bien évidemment.

Tenir une cuillère

Nous l’avons vu, entre 3 et 5 ans, le jeune être humain traverse une période de développement rapide de ses fonctions exécutives. Il veut alors tout faire par lui-même – mettre ses chaussures, se verser à boire, se laver les dents, s’habiller, boutonner sa chemise, etc. En effet, lorsqu’il fait seul, il exerce et développe ses fonctions exécutives : il garde en mémoire les différentes étapes et les organise pour atteindre un objectif ; il contrôle ses gestes ou les émotions inappropriées, et apprend à rester flexible, c’est à dire, à revoir sa stratégie en cas d’erreur.

Ces trois compétences sont fondamentales et souvent plus prédictives que le QI. Elles permettent à l’être humain de fonctionner, d’atteindre les objectifs qu’il se fixe. Et, bonne nouvelle, pour aider l’enfant à développer ces compétences-socles, il suffit de lui permettre de faire par lui-même, en restant à ses côtés puis en s’effaçant progressivement. Rien de plus. Le fonctionnement d’une classe maternelle doit par conséquent être basé sur l’autonomie des enfants et l’individualisation. Ce fut le cas dans la classe de Gennevilliers, tout l’environnement favorisait un accompagnement individualisé et l’autonomie progressive des enfants, et ce, toute la journée. Dès leur entrée dans la classe le matin, et jusqu’au soir, ils étaient invités à choisir eux-mêmes ce qu’ils voulaient faire et à le faire librement, autant qu’ils le souhaitaient, tout en respectant les règles – clairement explicitées – de vie collective.

Etre autonome au sein de ce cadre structuré et structurant, a permis aux enfants d’épanouir pleinement leurs fonctions exécutives, et notamment, de façon spectaculaire, leur mémoire de travail (voir les résultats). Et, nous l’avons vu, avoir de bonnes fonctions exécutives permet d’entrer plus facilement dans les apprentissages et de développer des relations sociales harmonieuses. C’est ainsi que les enfants de Gennevilliers sont entrés avec facilité dans les apprentissages fondamentaux et ont développé de grandes qualités sociales.

Premiers pas vers l’autonomie.

Pour commencer, montrons aux petits à peine âgés de 2 ans ½, les gestes qui leur permettent d’avancer par eux-mêmes et en confiance dans cet environnement : comment dérouler et rouler un tapis, comment marcher sans déranger les camarades, s’asseoir délicatement, porter et ranger une chaise, mettre seul ses chaussures et les ranger, parler bas, ouvrir et fermer une porte, se moucher, etc. Voici les quatre premières démonstrations évoquées. Vous remarquerez sans doute que nous présentons ces gestes de façon exacte et ordonnée, nous en reparlons après les vidéos. Read More

Souvenons-nous. Lors des six premières années de sa vie, l’être humain possède un mécanisme cérébral que l’on pourrait dire absorbant, le dotant du pouvoir d’incarner l’environnement sans effort, en réalisant pour chaque expérience vécue, un nombre impressionnant de connexions neuronales. Et, parmi les centaines de connexions qu’il crée par seconde, le cerveau ne conserve que les connexions les plus fréquemment utilisées. C’est ce que l’on appelle l’élagage synaptique, c’est ainsi que l’être humain apprend et se spécialise.

Puisque le cerveau ne conserve que les connexions les plus fréquemment utilisées, par conséquent, ce sont les expériences quotidiennes de l’enfant qui s’encodent et structurent directement l’architecture de son cerveau. Un beau matin, nous rions de le voir faire comme nous, de parler comme nous, de bouger ou de réagir comme nous : c’est souvent un moment particulièrement drôle, surprenant, voire difficile, car l’enfant nous renvoie en miroir les gestes ou les attitudes que nous lui avons transmis inconsciemment, simplement en vivant à ses côtés. Nous pensons qu’il nous imite, mais il serait plus exact de dire qu’il manifeste à l’extérieur ce qui s’est encodé à l’intérieur.

AsmaUne étude saisissante, menée en 1995, illustre la puissance de ce phénomène. Des centaines d’heures d’interactions entre des enfants et des adultes dans 42 familles de tout le spectre socio-économique ont été enregistrées. Les enfants ont été suivis de l’âge de 7 mois jusqu’à l’âge de 3 ans. Les chercheurs ont constaté que 86 à 98 % des mots utilisés par les enfants à 3 ans provenaient directement du vocabulaire de leurs parents. Mais ce n’est pas tout. Non seulement les mots qu’ils utilisaient étaient identiques à ceux de leurs parents, mais le nombre de mots utilisés, la longueur et le style des conversations étaient également les mêmes. Par exemple, les parents de familles les plus pauvres avaient tendance à faire des commentaires courts et superficiels, comme “Arrête,” ou “Descends,” alors que les familles plus favorisées avaient de grandes conversations avec leurs enfants sur une grande variété de sujets.

Il faut donc l’entendre, qu’on le veuille ou non, ce sont ces petites choses auxquelles nous ne faisons pas forcément attention – la façon dont nous parlons, dont nous agissons et réagissons au quotidien – qui structurent, sans aucun filtre, les capacités et les comportements de nos enfants. Autrement dit, nos attitudes préparent les leurs. Cela doit être dit, redit et entendu. Il nous faut maintenant agir en conséquence, aussi bien à la maison qu’à l’école.

#1 Exemplaire tu seras.

Exemplaire tu seras.Quels sont nos comportements, nos mécanismes quotidiens ? Sont-ils en cohérence avec les comportements et les attitudes que nous voulons voir fleurir chez nos enfants ? Commençons donc par là : que l’on soit parent ou enseignant, accompagner un enfant exige une présence à soi, une observation consciente de nos propres gestes et attitudes. Si nous souhaitons voir l’enfant s’exprimer joliment et avec aisance, avoir des gestes délicats et harmonieux, ou faire preuve d’empathie, il n’y a pas 36 solutions : la première des choses à faire est de le faire soi-même. Il s’agit là de la première règle d’or appliquée dans la classe de Gennevilliers, et, je ne vous le cache pas, ce fut la plus difficile à respecter dans l’urgence d’une classe de plus de 25 enfants. Néanmoins, lorsque l’on sait que l’enfant possède un mécanisme cérébral aussi puissamment absorbant, qui se structure à partir de tout ce qu’il perçoit, et que l’on passe en moyenne 6h par jour avec lui dans une classe, cet effort n’est pas une option, c’est une responsabilité.

Read More

Le 13 novembre dernier, Stanislas Dehaene animait au Collège de France une série de conférences visant à offrir un apport scientifique à la formation des enseignants. Le contenu de toutes ces conférences sera prochainement synthétisé et mis en ligne sur le blog.

En attendant, nous souhaitions partager avec vous l’une des conférences de cette journée où Stanislas Dehaene aborde l’apprentissage de la lecture, et évoque la question de son introduction avant le CP : Peut-on apprendre à lire avant le CP ? Est-ce que dans ce cas les circuits cérébraux de la lecture s’organisent différemment ? Pour offrir des éléments de réponses à ces questions, Stanislas Dehaene s’appuie sur les tests IRM que les enfants de la classe de Gennevilliers ont passé en septembre 2013 au sein de son laboratoire. En effet, les enfants ayant passé ces tests étaient entrés spontanément dans la lecture dès la petite section ou dès la moyenne section de maternelle. Au moment des tests, ils faisaient leur rentrée en grande section pour certains, en CP pour d’autres. L’analyse des résultats n’est pas terminée, mais les données semblent indiquer d’ores et déjà :

  • une réorganisation cérébrale autour de la lecture strictement normale
  • un an et demi d’avance en lecture

Il ne s’agit pas de militer pour une entrée automatique dans la lecture avant 6 ans bien entendu, mais ces premiers résultats pourraient inciter les enseignants à ne pas entraver l’envie de lire si celle-ci se manifeste spontanément avant le CP.

Tests évoqués à partir de 16’20 min.

En mai 2012, un des enfants de la classe ayant décidé d’apprendre à lire tout seul en petite section.

Quelques jours avant la fin de l’expérimentation, nous avons recueilli principalement les témoignages des parents dont l’enfant a effectué ses trois années de maternelle au sein de la classe. Leur enfant est entré en petite section en septembre 2011, est passé en moyenne section en septembre 2012, puis en grande section en septembre 2013. Voir les témoignages des années 1 & 2.

Un très grand merci aux parents.

La deuxième année d’expérimentation fut très riche ! La classe réunissait les trois âges de la maternelle, et nous avons pu observer combien le mélange des âges agit comme un catalyseur de développement social et moral. Les enfants ont ainsi développé de grandes qualités humaines tout en prenant de plus en plus de plaisir à apprendre seul, et avec les autres.

Au cours de la Moyenne section, vers 4 ans 1/2 – 5 ans, les enfants lecteurs commencent à lire de petits albums dans lesquels ils rencontrent des graphèmes moins fréquents.
Avec les livrets des homophones, les enfants peuvent apprendre les différentes graphies possibles pour un même son – pour lequel ils connaissaient déjà la graphie la plus fréquente (ex: « f » pour le son [f]). En « travaillant » avec tous ces livrets, les enfants possèdent les outils nécessaires pour lire de façon autonome les livres de la bibliothèque qui suscitent leur enthousiasme. Par ailleurs, en manipulant les particularités orthographiques de la langue française avec l’alphabet mobile, ils appréhendent de façon sensorielle les règles orthographiques lexicales de base.

« Les clochettes » est un matériel très sollicité par les enfants. Il leur offre la possibilité d’entrer, de façon sensorielle et progressive, dans le code de la musique.
Dès 4 ans, ils peuvent apparier les mêmes notes, réaliser la gradation de la gamme de do, puis, comme Yasmine, associer – à l’oreille – le nom de la note avec la clochette correspondante. A ce stade, certains enfants sont capables de nommer la note lorsque l’on sonne une clochette.
Vers 5 ans, la possibilité leur est offerte de lire et de composer de courtes partitions. Vidéos à venir

Depuis le début de sa Grande Section, Chayma prépare tous les jours en autonomie des histoires qu’elle lit ensuite à ses camarades au regroupement de fin de matinée, ou à quelques enfants, dans la bibliothèque de la classe. Ceux-ci apprécient beaucoup ses lectures enthousiastes et ne manquent pas de la solliciter. Chayma, tout comme Ilyes et la majorité des enfants de la classe, s’est emparée seule du matériel de langage et, poussée par son brûlant intérêt pour la lecture, a lu spontanément des histoires dès la fin de sa moyenne section.
La quantité de livres que Chayma a déjà lu – alors qu’elle n’a pas 6 ans – est incroyable. Elle lit quotidiennement entre 5 et 10 livres, et emporte tous les soirs à la maison des livres de la classe qu’elle lit en autonomie chez elle, avec le ton. Insatiable dans ses lectures, elle est entrée dans la culture de la littérature de jeunesse et connait maintenant, parfois par coeur, de nombreux classiques.

Les enfants se passionnent pour la lecture. Ils lisent seuls à une table, pour un plus petit ou à plusieurs voix pour la classe. Dans ce dernier cas, ils préparent une histoire en s’entraînant à la lire avec le ton, entre eux, pendant la matinée de classe. A 11h, lorsque leurs camarades se regroupent avant la cantine, ils lisent l’album qu’ils ont préparé. Ce jour-là, Ilyes souhaitait vivement lire C’est encore loin, papa ? Il a demandé à Souleyman et Younes de préparer l’album avec lui.

Dans cette vidéo, Ilyes est maintenant en Moyenne Section. Son entrée dans la lecture a été filmée l’année dernière, lorsqu’il était en Petite Section.

Hayden, 4 ans, est en Moyenne Section. Il dit aimer particulièrement les mathématiques, et puisqu’il demande souvent aux plus grands de participer au travail collectif du système décimal, il connait déjà la signification des quatre opérations… mais celle qu’il préfère, c’est la division, pour « partager en parts égales ». Visionner plus de vidéos d’activités mathématiques.

Younes, 5 ans 1/2, est en Grande Section.
Depuis quelques jours, il essaie de compter le nombre de perles présentes dans le cube de 10 (cube qui offre la représentation concrète de 10³, il y a donc 1000 perles lorsqu’on le déplie).
La veille, il avait déjà tenté d’atteindre son objectif avec une camarade, mais il s’était laissé décourager par les 8 mètres de la chaine. Le lendemain, il sort à nouveau le matériel, et, déterminé à aller au bout cette fois-ci, il termine son grand travail dans la plus grande discrétion.

Année scolaire 2011-12 : Souleyman est en Moyenne Section, il a 4 ans 1/2. Ce petit montage retrace sa progression en lecture, du mois de novembre de sa Moyenne Section jusqu’au début de sa Grande Section.