Les fonctions exécutives, 3 compétences clés.

Après la plasticité cérébrale, nous abordons aujourd’hui un autre grand pilier de la formation de l’intelligence : le développement des fonctions exécutives. Les fonctions exécutives sont essentielles, ce sont les compétences cognitives qui nous permettent d’agir de façon organisée pour atteindre nos objectifs. Les experts en relèvent trois principales : la mémoire de travail, le contrôle inhibiteur et la flexibilité cognitive.

Contrôle exécutifEn effet, lorsque nous souhaitons faire quelque chose, qu’il s’agisse de résoudre un exercice de mathématiques, de faire une déclaration d’amour, d’apprendre à jouer du piano ou d’apprendre un pas de danse ; nous avons besoin de trois compétences dites exécutives : il nous faut une bonne mémoire de travail, qui nous permette de garder en mémoire des informations et de les organiser ; un bon contrôle inhibiteur, qui nous permette d’inhiber les distractions pour rester concentré, de contrôler nos impulsions, nos émotions, ou les gestes inappropriés ; et enfin, nous avons besoin de flexibilité cognitive, pour être créatif et ajuster nos stratégies en cas d’erreurs.

Ces fonctions exécutives sont fondamentales. Retenez-les bien. Elles nous permettent de fonctionner, de pouvoir réaliser dans le monde ce que notre intelligence commande. En effet, lorsque nous possédons une bonne mémoire, une bonne maîtrise de nous-mêmes et une belle flexibilité, nous pouvons agir succès et nager en confiance dans le grand bain de la vie.

A l’inverse, sans elles, nous ne pourrions tout simplement pas avoir un comportement intentionnellement organisé et contrôlé pour atteindre un but, quel qu’il soit. Toute situation d’action ou d’apprentissage serait rendue difficile. Ces compétences sont d’ailleurs considérées par les experts comme les fondations biologiques de l’apprentissage.

Les fondations biologiques de l’apprentissage.

“Venir à l’école avec une base solide de ces fonctions exécutives est plus important pour les enfants que de connaître leurs lettres et leurs chiffres”, rapporte The Center on The Developing Child de l’Université de Harvard. En effet, si des enfants possèdent un contrôle inhibiteur faible, la moindre distraction les déconcentrent, attendre leur tour pour parler ou pour agir leur est difficile, ils ont du mal à contrôler leurs émotions et ils ne font pas preuve de persévérance. Si leur mémoire de travail n’est pas assez développée, ils oublient la consigne, ils ont du mal à organiser leurs actions, et ne se souviennent pas du sens du paragraphe qu’ils viennent de lire. Enfin, s’ils manquent de flexibilité cognitive, ils ont de grandes difficultés à ré-organiser leur action en cas de besoin, se découragent vite si leur stratégie ne fonctionne pas et n’identifient pas forcément leurs erreurs. “Même lorsque deux enfants seulement possèdent des compétences exécutives sous-développées,” explique The Center on The Developing Child, “une classe entière peut être désorganisée, et un temps précieux détourné des activités d’apprentissage. Cela peut avoir un impact profond sur le climat général de la classe et est souvent rapporté par les enseignants comme étant une source d’exaspération et de burnout. » Ces enfants ressentent eux-mêmes un grand désavantage par rapport à leurs camarades, ils ne sont pas capables de suivre la complexité d’un jeu par exemple et peuvent ainsi être mis à l’écart par leurs pairs.

A l’inverse, de nombreuses études indiquent que les enfants ayant développé une bonne mémoire de travail, un bon contrôle inhibiteur et une bonne flexibilité obtiennent de meilleures performances scolaires, et, une fois adultes, réussissent mieux leurs examens, entrent dans de meilleures universités et obtiennent des emplois plus satisfaisants. Mais au delà de cela, et c’est ce qui nous intéresse vraiment, ils ont les moyens d’atteindre les objectifs qu’ils se fixent dans leur vie. 

Plus prédictives que le QI.

De nombreuses études indiquent que lorsque nous possédons des fonctions exécutives bien développées, c’est à dire que nous possédons une bonne mémoire de travail, une bon contrôle inhibiteur et une bonne flexibilité, nos chances de réussite et d’épanouissement sont plus assurées qu’avec un QI élevé.

Une étude, connue sous le nom de The Marschmallow Test a été conduite dans les années 60 par le psychologue Walter Mischel de l’université de Stanford. Elle visait à mesurer le lien entre le développement de l’une de ces fonctions exécutives – le contrôle inhibiteur – et la réussite à l’âge adulte. Pour mesurer cela, Walter Mischel testa 500 enfants de 4 ans qu’il suivit pendant près de 30 ans. Le test consistait à placer un Chamallow devant chaque enfant, puis à le laisser seul, assis devant le Chamallow, une quinzaine minutes. Le psychologue expliquait à l’enfant: “Si tu ne manges pas le Chamallow pendant mon absence, tu en auras un de plus à mon retour.”

Tous les enfants n’ont pas fait preuve de la même patience, et ceux qui ont réussi à attendre n’avaient pas forcément les QI les plus elevés. Les enfants qui avaient pu se contrôler et attendre à 4 ans, avaient plus d’amis à l’adolescence que les autres, géraient mieux leur stress, avaient une meilleure estime d’eux-mêmes, s’exprimaient mieux, entraient dans de meilleures universités et, à l’âge adulte, ils avaient des emplois plus satisfaisants – même avec un QI plus bas. Enfin, ils avaient nettement moins de problèmes d’alcool ou de drogue à l’âge de 32 ans, et étaient en meilleure santé, que ceux qui – à 4 ans – n’avaient pas su résister à la tentation du Chamallow. 

« Offrir aux enfants les moyens de construire ces compétences à la maison, dans les programmes d’éducation précoces, et dans tous les autres contextes où ils vivent régulièrement, est l’une des plus importantes responsabilités de la société.” explique The Center on The Developing Child de l’Université de Harvard.

Un potentiel qui se développe – ou pas.

“Contrairement aux croyances populaires, apprendre à se contrôler, à être attentif et à mémoriser consciemment des informations n’arrive pas automatiquement lorsque les enfants grandissent,” explique The Center on The Developing Child. Aussi fondamentales que soient ces compétences, nous ne sommes pas nés avec. Nous sommes nés avec le potentiel de les développer – ou pas. Pour les développer, le jeune être humain doit pouvoir les exercer au moment dicté par la nature, et tous les enfants n’ont pas la possibilité de le faire.

Vous l’avez certainement constaté avec vos enfants, à 2 ans ½, les fonctions exécutives de l’être humain sont peu développées : l’enfant oublie rapidement ce qu’il voulait dire alors même qu’il est en train de parler, il se laisse vite distraire, contrôle difficilement ses gestes et ses émotions, et change difficilement de stratégie lorsque la sienne ne fonctionne pas. C’est normal, son potentiel exécutif commence tout juste à se développer et il va se développer très rapidement entre 3 et 5 ans. Cette période sensible est une véritable fenêtre d’opportunité à ne pas manquer. Car, ce qui se construit lors de cette période constitue la base sur laquelle les compétences exécutives seront déployées et raffinées jusqu’au début de l’âge adulte.

Comment aider ?

The Center on The Developing Child est très clair : les environnements favorables au développement de ces compétences sont ceux dans lesquels l’adulte amène précocement et progressivement l’enfant vers une autonomie de plus en plus maîtrisée. En effet, lorsque nous encourageons l’enfant à faire seul, à se chausser seul, à ranger ses affaires seul, à se savonner seul, ou à écosser des petits pois à nos côtés, nous l’aidons à exercer ses fonctions exécutives : il doit atteindre un objectif précis et pour cela il doit focaliser son attention, contrôler les gestes ou les émotions inappropriées, planifier ses actions, et rester flexible en cas d’erreur. Il n’y a que lui, par sa propre activité, qui puisse construire son intelligence exécutive. L’adulte ne peut que l’encourager, dès 3 ans, à faire lui-même ce qu’il peut faire lui-même, en l’accompagnant sans faire à sa place, en l’encourageant, puis en s’effaçant progressivement. Rien de plus. Nul besoin d’aller chercher des activités extraordinaires, à 3 ans, l’ordinaire est extraordinaire.

Faire le ménage à 4 ans pour un avenir meilleur.

Une étude longitudinale confirme que participer aux tâches quotidiennes dès 3 ans, prépare non seulement à la spécialisation culturelle, mais permet également le développement de l’intelligence. La chercheuse Marty Rossmann a étudié le style de vie de 84 enfants, à l’âge de 3 ans, à 10 ans, à 16 ans, et vers 25 ans. Les résultats sont étonnants : les enfants ayant participé aux tâches ménagères dès 3 ans avaient une maîtrise de soi, un sens des responsabilités et une autonomie plus développés à l’âge adulte par rapport à ceux qui n’avaient pas effectué de tâches ménagères, ou qui avaient commencé à l’adolescence. Ils avaient également de meilleures relations avec leurs familles et leurs amis (on sait que le développement des compétences exécutives favorise de bonnes relations sociales), de meilleures performances académiques, et étaient plus indépendants financièrement. Elle en conclut que la participation aux tâches domestiques à l’âge de 3 ans (et donc en pleine période biologique de développement des compétences exécutives) avait été un critère plus déterminant que le QI pour la réussite à l’âge adulte. Autorisons donc nos enfants de 3 ans – qui ne demandent que ça – à passer le balai !

Quand l’intelligence se défend de nous.

L’enfant de 3 ans est donc un être d’action, il doit faire par lui-même pour entraîner ses fonctions exécutives. Cette exigence à vouloir absolument faire par lui-même, n’est donc ni un caprice, ni une manie, ni un hasard : c’est une manifestation de l’intelligence qui demande à s’exercer. Et lorsque qu’il exerce son intelligence – n’essayez pas de faire à sa place, vous vous exposeriez à une levée de boucliers.

Laissez-moi vous raconter une anecdote. A Gennevilliers, il y avait un enfant de trois ans, habitué à ce que l’on fasse tout à sa place. Le matin, il s’asseyait sur le banc dans le couloir, totalement passif, le corps mou et regardant dans le vague, s’abandonnant totalement à l’adulte qui lui retirait ses chaussures et lui mettait ses chaussons. Préoccupée par son développement exécutif, je passais un peu de temps tous les jours avec lui pour lui montrer comment se déchausser et se chausser seul. Après seulement deux jours, il commençait à reprendre plaisir à faire par lui-même. Le troisième midi, alors qu’il se trouvait dans le couloir sur le banc à mettre ses chaussures en attendant sa grand-mère, j’entendis un cri perçant. Il s’agissait d’un cri si primal que je n’avais pas même reconnu la voix du petit garçon. Sa grand-mère, pressée, était arrivée et avait tenté de lui prendre ses chaussures des mains pour les lui mettre. Pour se défendre, le petit avait repris ses deux chaussures, et était parti en courant vers la sortie de l’école, la grand-mère à ses trousses. Il s’arrêta sur le banc d’une autre classe, pleurant et redoutant un nouvel assaut de sa grand-mère, qui ne tarda pas à arriver : « Méchant ! Je vais te mettre tes chaussures, on est pressé ! » Je dis à sa grand-mère : « Il veut seulement le faire lui-même, c’est important pour lui. Il veut que vous le laissiez faire. » Et je me plaçai entre l’enfant et sa grand-mère en invitant l’enfant à mettre ses chaussures : “Vas-y, mets tes chaussures, ta grand-mère va attendre, je reste là.” Il s’apaisa et mit, sous le regard coléreux et impatient de sa grand-mère, ses chaussures avec un soin amoureux.

Ainsi, lorsque nous refusons à un enfant âgé de 3 à 5 ans de boutonner seul sa veste par manque de temps et qu’il proteste violemment, ce n’est pas lui qui se dresse face à notre maladresse, c’est toute l’intelligence de l’Homme qui gronde car elle trouve une entrave à son développement. Il s’agit d’un indicateur négatif de la présence d’une période critique. A l’inverse, si nous n’entravons pas son activité, nous le voyons traversé par une concentration extraordinaire et rechercher une précision étonnante, sa satisfaction est pleine et joyeuse. Cette grande satisfaction est l’indicateur positif d’un besoin critique comblé.

Une promesse d’épanouissement social.

Les circuits cérébraux associés aux fonctions exécutives se situent dans le cortex pré-frontal, lui-même relié aux structures qui répondent au stress et à la gestion des émotions. Ainsi, dotés de bonnes fonctions exécutives, nous pouvons mieux faire face au stress, nous sommes capables d’analyser et d’exprimer nos émotions avec sérénité, de mieux comprendre celles des autres, et par conséquent, nous sommes plus à même de résoudre et d’éviter les conflits relationnels. Les études le confirment et sont très claires : avoir des fonctions exécutives bien développées permet des relations amicales et sentimentales durables et harmonieuses.

« Si vous souhaitez que votre enfant réussisse à l’école et dans la vie, aidez-le à développer de bonnes fonctions exécutives. Ces compétences sont vraiment importantes et souvent plus prédictives que le QI”, affirme Adele Diamond, spécialiste internationale des fonctions exécutives.

A retenir.

Entre 3 et 5 ans, l’être humain développe à grande vitesse ses fonctions exécutives par sa propre activité. Bien développées, elles vont lui permettre de fonctionner, de réaliser n’importe quelle tâche avec succès. Ainsi, quelque soit le milieu où l’enfant évolue, à l’école ou à la maison, avant même de penser à lui enseigner les lettres, les chiffres ou autre chose, il faut l’aider à les développer. Le reste attend. Pour cela, il nous faut adopter une posture simple auprès de nos enfants, dès leur naissance, et pour tous les gestes de la vie quotidienne : “Tu peux le faire, tu vas le faire, même si cela prend du temps, je sais que tu vas y arriver.”

Le développement des fonctions exécutives fut le pilier fondateur de notre travail à Gennevilliers. Il permit aux enfants d’entrer avec joie dans les apprentissages et de s’épanouir dans la relation à l’autre. Nous publierons une vingtaine de vidéos pratiques dans les semaines à venir pour vous donner une idée de la façon dont nous avons procédé.


Pour approfondir

National Scientific Council On The Developing Child, Building The Brain’s “Air Traffic Control” System : How Early Experiences Shape The Development of Executive Function, Working paper 11, Center on the Developing Child – Harvard University

TEDx Adele Diamond – Turning some ideas on their heads

Enhancing and Practicing Executive Function Skills with Children from Infancy to Adolescence, Center on the Developing Child – Harvard University

L’attention et le contrôle exécutif. Conférence de Stanislas Dehaene, Collège de France Diamond, A., & Lee, K. (2011).

Interventions shown to aid executive function development in children 4 to 12 years old. Science (New York, N.Y.), 333(6045), 959–964.

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46 commentaires
  1. Elen Buzaré a dit:

    Je ne peux pas m’empêcher d’être morte de rire quand je vois des images du fameux test de la guimauve.

  2. Merci beaucoup pour cet article très intéressant!
    L’étude du cerveau et de ses possibilités est vraiment un domaine passionnant. Je partage avec plaisir ton contenu.

    Sébastien

  3. lynepey a dit:

    Bonjour,
    Bravo pour cet article clair et efficace (comme toujours!). Connaissant un enfant dyspraxique et souffrant à la fois d’un syndrome dyséxécutif tout en ayant des capacités verbales hors norme, on se rend compte combien ces fonctions exécutives sont primordiales dans les apprentissages. Car malgré des compétences intellectuelles extraordinaires, apprendre à lire, compter et résoudre un problème reste une véritable épreuve qui lui demande beaucoup plus d’énergie que les autres et un étayage beaucoup plus important.
    Encore impatiente de lire la suite!
    Merci beaucoup et bon courage!

  4. Laurence a dit:

    Merci beaucoup de partager cela ! Enseignante, je peux expérimenter qu’en mettant les enfants en recherche sur certaines notions grammaticales ou mathématiques, ils ont déjà, par leurs propres moyens et diverses stratégies, déterminé la notion qui va être travaillée. Par conséquent quand je les retrouve pour la mise en commun de leur recherche et la détermination de la notion en listant ses caractéristiques, l’élaboration de la trace écrite, d’avoir planché en autonomie, ces différentes étapes se font beaucoup plus facilement avec des élèves actifs qui ont envie de partager ce qu’ils ont trouvé et la notion s’installe beaucoup plus facilement et reste dans les têtes… Pendant les vacances je vais m’atteler à trouver une organisation en projet et en ateliers pour mes élèves de CE1 – CE2. Céline, si vous avez des pistes à me donner, n’hésitez pas …
    Un grand merci encore : j’attends avec impatience les vidéos …
    Laurence

  5. Boubou a dit:

    Merci pour ce superbe article très bien écrit ! J’ai hâte de voir les vidéos !

  6. alco3390 a dit:

    Merci, vraiment. Cela éclaire beaucoup, beaucoup de choses ! J’espère seulement que je saurais m’en rappeler en temps utiles…

    • Si vous lisez ce blog, croyez-moi vous vous en souviendrez, parce que nous allons en parler très souvent !

  7. Coco a dit:

    Simple et très intéressant. Grâce à la petite vidéo, je retiendrai mieux. ☺ Merci.

  8. shuishui53 a dit:

    « A trois ans l’ordinaire est extraordinaire » : je jubile de vous lire. C’est un grand plaisir. Merci Céline, je vais lire et relire cet article pour bien m’en imprégner et savoir en reparler au bon moment.

  9. Nathalie a dit:

    C’est tellement intéressant, merci! Vivement la suite de vos articles!

  10. TALLIS a dit:

    Merci infiniment, je me revois mère, avec mes »Moitoutseul » et je suis fière de les avoir laissés faire sous les yeux exaspérés de bien des gens qui ne comprenaient pas ce qui se jouait. D’ailleurs mes enfants n’ont peut-être pas un parcours extraordianire, mais sont en permanence félicités pour leur créativité et leurs capacités à s’adapter à un travail. Désormais je suis enseignante et consternée du manque d’autonomie laissé aux enfants, de l’attitude inadaptée de nombreux parents : sucette, bras, écrans alors que couper les courgettes ensemble et parler et lire des histoires serait si profitable…

  11. Jager a dit:

    Merci, merci ! Je ressens depuis toujours un malaise dans ma pratique de classe. J’ai essayé, essayé, sans être jamais satisfaite. Voici enfin des explications claires qui j’espère vont me permettre d’évoluer . J’attends la suite avec impatience…

  12. Leslie a dit:

    Encore un super article que je vais partager au plus vite! Merci Merci!

  13. PERRAD a dit:

    Merci Céline pour toutes ces explications!!….Je suis comme une enfant quand je vois au milieu de mes mails « Classe maternelle, Gennevilliers « !!!!
    Thanks you so much!! Love.

  14. Merci comme à chaque article.
    La deuxième phrase de PERRAD me convient assez bien.

    Cet article me nourrit (en même temps qu’il me travaille, me perturbe, m’interpelle, ) en tant qu’enseignant en maternelle (MS/GS) et en tant que parent de jeunes enfants (2 et 4 ans).
    Il a aussi le don de me rappeler comme je fus in-formé par l’institution pour aider mes élèves à développer leurs fonctions exécutives. Laissé seul avec mon intuition… que je faisais fausse route dans une pratique de classe stéréotypée.

    Une question me vient: la période 3-5 ans est donc cruciale, mais la « résilience » (je ne sais si j’utilise ce terme à bon escient, mais j’espère que vous me comprendrez si ce n’est pas le cas) est-elle possible une fois cette période passée ?
    J’imagine (et espère) que oui.

    L’extrait: « une classe entière peut être désorganisée, et un temps précieux détourné des activités d’apprentissage. Cela peut avoir un impact profond sur le climat général de la classe » me rappelle certaines classes au sein desquelles j’ai eu à effectuer des remplacements.

    Au plaisir de vous lire.

    • Bonsoir Julien, merci pour votre message. Je n’ai pas connaissance d’études scientifiques qui évoquent un rebond de développement des fonctions exécutives passée la période critique. Il semblerait que leur développement soit ensuite vraiment plus difficile, mais qu’il puisse tout de même être entraîné. Voir le document de Harvard pour aider aux développement des fonctions exécutives jusqu’à l’adolescence. Néanmoins, si ce développement est plus difficile passée la période propice, je pense qu’il l’est d’autant plus que les enfants sont placés dans des environnements scolaires inadaptés au fonctionnement humain. On sait que la plasticité cérébrale peut se réouvrir lorsque l’environnement fournit des challenges stimulants, variés, intéressants, engageant une activité physique régulière, au sein d’un environnement social riche et exempt de stress. Ainsi, même si rien ne vaut la facilité offerte par la période prévue par la nature, je suis persuadée que si l’on plaçait les enfants ayant sous-développés leurs compétences exécutives dans de tels environnements, nous aurions de bonnes surprises ! Belle fin de soirée.

  15. élodie paganini a dit:

    Très intéressant en effet 😀.
    C’est très bien écrit, facilement compréhensible et la vidéo est rigolote.
    Merci pour ces partages !
    Bon courage pour la suite 😉

  16. Catherine Gueguen a dit:

    Merci Céline. Je viens de lire ton post… C’est super intéressant Clair, didactique bref formidable. Que deviens tu ? Moi ce soir conf pour le magazine Kaizen Mille bises Cat

  17. Huguet Lucie a dit:

    Bonjour et merci pour cet article très éclairant. Je ne cesse d’apprendre grâce à vous :) Hâte de voir les vidéos pratiques. Il me reste toujours des questions : Comment faire pour diffuser ces informations, comment en parler aux enseignants (sans les froisser) ? comment ouvrir les yeux des parents qui, malgré tout l’amour qu’ils donnent à leurs enfants, sont très souvent loin de la parentalité positive et ignorent ces connaissances fondamentales sur le développement du cerveau ? Bonne journée

    • Bonjour Lucie, j’espère organiser bientôt des rencontres à ce sujet. En attendant, les vidéos sont à votre disposition, n’hésitez pas à les montrer aux parents, cela devrait vous aider.

  18. Aurélia a dit:

    Merci pour cet article que je lis avec encore plus de motivation car j’aurai enfin une classe en maternelle à la rentrée, avec les 3 classes d’âges mélangés, je vais pouvoir sortir le matériel accumulé dans les placards et cet article me servira de support pour ma réunion de rentrée auprès des parents. Hé oui, pas facile d’expliquer pourquoi leurs enfants balaient la classe, cousent des boutons et lavent du linge au lieu « d’apprendre » à compter sur des fiches.
    Merci beaucoup, chaque article est un cadeau, un soutien.

    • Merci beaucoup Aurélia, je suis vraiment heureuse de savoir que les articles vous aident :)

      • Aurélia a dit:

        Est-ce que vous allez aborder avant la rentrée comment vous vous êtes organisée pour le début de la 1ère année à Gennevilliers ?
        Je vais avoir 26 enfants, finalement que des petits moyens comme vous au début, j’aurais pas mal de matériel mais je ne vois pas concrètement comment organiser une matinée avec des enfants qui ne connaissent aucun plateau et moi qui présente individuellement.
        Je pose des questions dans les écoles Montessori mais la situation est souvent bien différente, la 1ère année, il y a très peu d’enfants dans leurs classes.
        J’ai aussi lu un cours d’une formatrice anglaise sur les débuts d’une année dans une école Montessori mais le cadre était celui d’une classe qui reprend après les grandes vacances et donc avec des enfants qui ont déjà les clés pour travailler avec certains plateaux.
        Tout ça pour dire que j’espère vraiment avoir accès à cette dimension de votre expérience pour débuter cette nouvelle année scolaire.
        Encore merci pour tout.

        • Bonjour Aurélia, en effet, nous avons prévu de mettre toutes les vidéos pratiques en juillet et, en août, de poster un article sur le démarrage en année 0. Je vous souhaite un excellent dimanche, Céline

  19. Odile Fétis a dit:

    Alors là, bravo. C’est exactement ce que l’on constate dans nos classes. Et j’ajoute que le contrôle inhibiteur est d’une importance capitale. Combien de fois en parlons-nous aux parents! Et combien d’enfants gâchent leur potentiel en s’agitant sans rien construire.
    En maternelle, nous laissons s’épanouir chaque enfant, dans une exigence bienveillante et la découverte des contraintes d’un groupe pour se développer dans l’harmonie.
    L’école ne fait pas de la magie, elle apporte beaucoup à chacun, mais c’est plus difficile pour les enfants qui ne contrôlent pas leurs émotions et leur frustration.
    Bref, nous avons là des beaux arguments pour mieux expliquer le développement de l’enfant.
    Merci

  20. Yussef larbaoui et Lise Auclair a dit:

    Merci , votre enseignement est tout simplement magique , vous mettez des mots là ou un préjugé sur une situation conflictuelle avec un enfant laissait un sentiment de malaise et d’ignorance . Merci

    • Marijo Dejean a dit:

      Ce qui est génial, c’est que ça n’est justement pas « magique » ! Tout le monde peut apprendre et le faire et vivre, apprendre et enseigner profondément heureux. Encore faut-il que l’institution laisse de l’espace, donne de la confiance. Sinon , c’est trop épuisant !

  21. C’est un plaisir de lire vos articles: clair et enrichissant. Vos articles m’aident quotidiennement avec mon enfant.

  22. tout a dit:

    Bonjour Céline,
    Tout d’abord, un immense merci pour toutes ces informations, si précieuses pour nous !
    Je suis enseignante en Petite Section et je suis en année de transition ;-)

    Je suis par ailleurs maman de 2 garçons et je regrette de ne pas avoir connu tout cela avant… ils ont 7 et 10 ans et le grand présente un trouble des fonctions exécutives et notamment un trouble de la planification … je me dis que si j’avais connu tout cela quand il était bébé, il n’aurait sans doute pas ce souci… Pensez-vous que je puisse reprendre tout à zéro avec lui ? (activités de vie pratique notamment ?) Il n’a toujours pas automatisé le geste d’écriture et cela le pénalise beaucoup à l’école.

    Si vous aviez des lectures à me conseiller, je suis preneuse ! J’aimerais pouvoir rattraper mes erreurs :-(

    Un grand merci encore ! et j’attends avec impatience de nouveaux articles !

    Très belle soirée,
    Cécile

    • Bonsoir Cécile, un trouble de la planification n’est à mon sens pas seulement dû au développement « molesté » des fonctions exécutives. Je vous propose de m’envoyer un mail pour échanger et mieux comprendre l’hygiène de vie de votre enfant et essayez de vous donner des pistes. Belle soirée à vous également et pardon de vous répondre si tard !

  23. Emilie a dit:

    Bonjour, je suis maman de 2 enfants dont un de 4 ans. J’ai appris beaucoup de choses dans cet article. Ayant lu quelques ouvrage de Maria Montessori, j’ai essayé depuis sa naissance de favoriser son autonomie. Mais je me heurte à son refus quasi systématique (que ce soit pour les tâches quotidiennes, l’habillage ou les activités pratiques que j’ai essayé de mettre en place). Je pensais qu’en grandissant il manifesterait le désir de faire seul et en fait je fais beaucoup de choses à sa place car il refuse de les faire. Je vois dans votre article, que non, ça n’arrive pas en grandissant… J’ai aussi pensé que peut-être il ressentait beaucoup d’attente de ma part, du coup j’ai lâché prise complètement (j’ai abandonné les activités de vie pratique par exemple). Mais du coup forte de ces connaissances, je suis assez désemparée… Je pense qu’il y a peut-être une charge émotionnelle à la maison qui est trop présente mais alors, comment puis-je l’aider ?

    En fait, cela m’intéresserait de savoir si vous vous êtes heurtée à des difficultés avec certains enfants ?

    • Chère Emilie, pardonnez-moi je manque de temps pour vous répondre, mais je suis certaine que vous trouverez réponses à vos questions sur le groupe Facebook Les lois naturelles de l’enfant. Des enseignants formidables qui se sont lancés dans l’aventure, répondent avec précision et bienveillance à ce genre de questions. Belle soirée à vous, et encore pardon de ne pouvoir vous aider pour le moment.

  24. Agnès a dit:

    Bonjour Céline,
    Lors de votre conférence, vous évoquiez les petits exercices que vous faisiez lors des regroupements afin de développer le contrôle inhibiteur ( bouger une main, puis la tête…)Sont-ils Montessoriens? Issus d’une méthode ? D’un ouvrage particulier ? Je cherche des idées pour développer cela.
    Merci Céline, belle journée ☀️

  25. Marie Masquelier a dit:

    Votre blog est extraordinaire. Clair, précis, concis. Merci de partager vos recherches qui permettent à de jeunes enseignants comme moi de mieux comprendre et donc de réajuster notre enseignement. j’ai hâte de découvrir comment adopter cette démarche avec les plus grands.

  26. altcecile a dit:

    bonjour Céline, je travaille beaucoup en ateliers autonomes avec ma classe de MS/GS, mais avec des jeux pédagogiques adaptés aux programmes officiels,donc avec des objectifs différents de ceux que vous proposez il me semble (je n’ai pas tout visionner, notamment les ateliers de lecture numération que je n’ai pas trouvé) . comment reliez vous vos ateliers aux IO de l’éducation nationale ? si l’on est inspecter en pratiquant ces ateliers comment justifier sa pratique ?
    autres questions : y a-t-il une biographie indispensable à lire pour mettre en place vos ateliers et ce fonctionnement de classe? ou peut-on tenter de les mettre en place en lisant vos résumés très bien écrits? merci d’avance si vous pouvez répondre à mes questions !
    Cécile

  27. C’est avec grand plaisir et beaucoup d’intérêt que je viens de découvrir votre blog et votre travail… grâce à un article lu fortuitement dans le magazine Version Fémina du Dauphiné Libéré :-) !
    Je viens donc de passer plus de 3 heures à visionner les vidéos de votre site et à prendre des notes: c’est tellement limpide et sensé qu’on a du mal à raccrocher!
    J’enseigne depuis 23 ans et dernièrement, après une période de plus de 10 ans en maternelle multi âges, me revoilà en élémentaire avec des CP ou CP/CE1.
    Votre démarche m’intéresse énormément car je me questionne depuis plusieurs années sur comment faire évoluer mon travail pour le bien des élèves. Mais comment adapter à des élèves plus grands, tout en restant dans les programmes de l’élémentaire?
    Un grand merci en tout cas pour toutes vos recherches, votre travail et le partage…
    J’ai hâte d’en savoir plus. A bientôt donc. Catherine

    • Merci Catherine pour votre message. Nous sommes très heureux que notre travail vous soit utile :)
      Concernant l’élémentaire, nous y travaillerons dans les années à venir. Mais je vous invite à vous mettre en contact avec des enseignants qui oeuvrent déjà en ce sens et qui se sont signalés sur cette carte : http://www.celinealvarez.org/carte
      Belles rencontres !

  28. TAUPOTINI a dit:

    Bonjour, je suis entièrement d’accord avec vous, toutes vos informations et vos recherches me permettront de réajuster mes objectifs en classe, adapter mes pistes de travail, mieux comprendre un enfant. Avec la Maison de l’Enfance avec laquelle je travaille en partenariat autour du bien-être de l’enfant, je peux aisément monter un dossier sur la réussite de la première année de scolarisation. Tout ceci c’est grâce à la diffusion d’informations que vous faîtes, alors merci beaucoup.
    Tahianui

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