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En lien avec l’expérimentation

L’Education peut-elle prévenir la guerre et les comportements destructeurs ? Pour le centenaire de la première guerre mondiale, Bernard Girard, sur son blog Journal d’un prof d’Histoire, nous invite à relire Maria Montessori.

« L’éducation étant la seule voie de salut pour la civilisation et l’humanité, elle ne saurait se confiner dans ses limites actuelles ni conserver sa forme présente. (…) Si l’homme était un être parfaitement adulte, doté d’un psychisme sain, s’il avait développé un caractère fort et un esprit clair, il ne tolérerait pas en lui l’existence de principes moraux diamétralement opposés, il ne serait pas capable de prôner en même temps deux sortes de justice qui visent l’une à développer la vie, l’autre à la détruire. »

Maria Montessori, L’Education & la paix.

 Bernard Girard - Rue89

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Ancien recteur de l’académie de Guyane, puis de l’académie de Créteil, Jean-Michel Blanquer a également été directeur général de l’Enseignement scolaire (DGESCO). Il fut à l’initiative de nombreuses expérimentations pour repenser l’école, et encouragea notamment celle de la classe maternelle de Gennevilliers en 2011.

Ecouter l’interview de Jean-Michel Blanquer lors de l’émission La Grande table sur France Culture.

Note de l’éditeur : Dans ce livre, Jean-Michel Blanquer trace la voie d’une « école de la vie », capable de transmettre aux enfants les savoirs fondamentaux pour leur permettre de vivre librement. Elle le fera d’autant mieux qu’elle saura tirer parti des sciences du développement de l’enfant pour élaborer des pédagogies adaptées à ce qu’on sait aujourd’hui de ses capacités cognitives.

Refusant les dogmatismes, Jean-Michel Blanquer aborde ici toutes les questions sensibles de l’école pour souligner ce qui a fonctionné ici ou ailleurs : apprentissage de la lecture, évaluation de l’élève, éducation prioritaire, relations de l’école avec les familles, etc.

Innover, expérimenter et évaluer : tels sont les maîtres mots de sa démarche qui fait l’inventaire de ses échecs comme de ses succès, de la lutte contre l’absentéisme aux internats d’excellence.
Avec cette conviction passionnée : la réussite pour tous, c’est possible !

Suite à l’annonce de ma démission de l’Education Nationale, j’ai reçu de nombreux messages d’encouragements. Je tenais donc à remercier très sincèrement toutes les personnes qui m’ont témoigné, non sans émotion, leur soutien pour « la suite ». Un très grand merci ! Vos messages m’ont beaucoup touchée.

Pendant ces trois années d’expérimentation, de septembre 2011 à juillet 2014, la demande d’accompagnement de la part des enseignants a été très forte. Vous êtes en effet très nombreux à chercher des solutions au quotidien pour les enfants. C’est pourquoi, vous le savez, une fois le temps d’expérimentation écoulé, il était prévu d’accompagner des équipes enseignantes volontaires.

Malheureusement, en juillet, j’ai été informée que l’essaimage n’aurait pas lieu, et que la classe devait fermer pour la rentrée.

Mon souhait étant de faire profiter de nombreux enfants de cette démarche pédagogique, j’ai décidé, dans l’attente d’une aide institutionnelle, de me consacrer pleinement au partage des outils.

Je tiens donc à vous rassurer. ll n’a jamais été question d’abandonner. Au contraire !

A très bientôt pour la suite,

Céline Alvarez

FranckRamus

Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS, a publié cette semaine un bel article sur le site du Café Pédagogique. Pour en finir avec les débats idéologiques et d’opinions personnelles qui agitent régulièrement le monde de l’éducation,  il soutient l’idée d’une démarche d’évaluation scientifique des pratiques pédagogiques.

Mais quelle légitimité peut-il encore y avoir à défendre des méthodes que l’on s’abstient obstinément, année après année, d’évaluer et de comparer rigoureusement avec d’autres méthodes? Les sciences de l’éducation à la française se font fort de produire un discours  savant sur l’éducation, mais ce serait visiblement trop leur demander que de mettre leur discours à l’épreuve des faits. (…) Ainsi, à tolérer que les sciences de l’éducation ne produisent que du discours plutôt que des recherches expérimentales rigoureuses, on maintient les enseignants dans l’ignorance au lieu de se donner les moyens de guider rationnellement leur liberté pédagogique, et on les laisse tâtonner à l’aveugle et reproduire des pratiques sous-optimales sur génération après génération de « cobayes ». 

Lire la tribune sur le site du Café Pédagogique.

Vous avez été nombreux à nous faire part de votre souhait de participer à l’essaimage du protocole de la classe maternelle de Gennevilliers. C’est donc avec plaisir que nous vous informons d’un premier déploiement pilote à l’échelle d’une école, dès la rentrée 2014.
 
Afin de réaliser ce projet, nous sommes à la recherche d’une équipe enseignante volontaire, que nous formerons et accompagnerons, et dont l’école maternelle est située en Zone d’Education Prioritaire.
Par ailleurs, pour que les conditions d’un accompagnement optimal soient réunies, l’école devra être située en Ile de France.  Les candidatures provenant de l’académie de Versailles seront traitées en priorité.
 
Si votre équipe est intéressée, merci de nous contacter par mail à classegennevilliers@gmail.com

Sirine

Plusieurs enfants de la Classe maternelle de Gennevilliers ont passé des tests dans le centre d’études NeuroSpin. Ces tests réalisés sous la direction de Stanislas Dehaene, permettent aux scientifiques, grâce à l’imagerie cérébrale, de comprendre comment l’apprentissage de la lecture se met en place dans le cerveau. Des comparaisons peuvent ensuite être faites avec la mise en place de cet apprentissage chez des enfants dits « dys » – dyslexie, dysphasie etc. – afin de voir les différentes façons dont les circuits se mettent en place, et pouvoir apporter ensuite une aide plus adaptée à ces enfants.
Les enfants de la classe de Gennevilliers, sont entrés avec enthousiasme, et au moment où ils le souhaitaient, dans l’apprentissage de la lecture. Aujourd’hui, ils continuent de lire avec plaisir tous les jours ; et souhaitent aider d’autres enfants à accéder plus facilement à ce plaisir.

Reportage sur M6 dans le 12/45 du jeudi 10 octobre. Extrait disponible sur le site d’M6 Replay. Pour le visionner :

  1. Allez sur le site d’M6 Replay
  2. Copier-collez le lien suivant dans la barre d’adresse de votre navigateur : http://www.m6replay.fr/#/le-1245/11319192-sante-dys-sur-dys

Sirine2

Embodied Cognition

«C’est une idée révolutionnaire », explique Shaun Gallagher, directeur du programme de sciences cognitives à l’Université de Floride centrale. « Du point de vue intrinsèque, si vous voulez expliquer la cognition, il ne suffit pas de regarder à l’intérieur du cerveau. Ce qui se passe à l’intérieur du cerveau en grande partie peut dépendre de ce qui se passe dans le corps comme un tout et comment ce corps se trouve dans son environnement. »

Ou, comme le slogan de l’Université du Laboratoire de cognition incarnée du Wisconsin dit, « Ago ergo cogito »: « J’agis, donc je pense. » (…)  Alors que la cognition incarnée reste un domaine encore jeune, certains spécialistes estiment qu’il suggère de repenser la façon dont nous abordons l’éducation. Angeline Lillard, professeur de psychologie à l’Université de Virginie, dit que l’une des possibilités est de porter un regard sur l’approche pédagogique que Maria Montessori a conçu il y a près de 100 ans, théories qui pendant des décennies ont été ignorés par les enseignants traditionnels. Une des clés de la méthode Montessori, c’est l’idée que les enfants apprennent mieux dans un environnement dynamique où les enfants sont entièrement libres de leurs mouvements et de manipuler des objets physiques. Dans les écoles Montessori, les enfants apprennent l’alphabet en traçant des lettres de papier de verre, ils apprennent les mathématiques en utilisant des blocs et des cubes, ils apprennent la grammaire en agissant sur des phrases lues par eux-mêmes.

Pour Lillard, la valeur de la cognition incarnée dans l’éducation est évidente.

« Nos cerveaux ont évolué pour nous aider à fonctionner dans un environnement dynamique, pour s’y déplacer, pour y trouver de la nourriture et échapper aux prédateurs», dit-elle. « Cela n’a pas évolué pour nous aider à nous asseoir dans un fauteuil dans une salle de classe, être à l’écoute de quelqu’un et régurgiter l’information. »

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